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samedi 11 avril 2009

Queenstown

Après la pluie diluvienne des jours derniers, on a été accueillis à Queenstown par de la neige ! Mais raisonnablement cette fois, pas d'avalanche, juste ce qu'il faut pour que ça nous console d'avoir raté le rude hiver dernier en France... En plus de ça, une vue superbe depuis notre chambre sur le Lac Wakatipu et les sommets environnants qui commençaient à se saupoudrer de blanc. Bref, un cadre bien mérité. Et Queenstown et sa région n'allaient pas nous décevoir pendant les 4 jours qu'on y a passés : on a enfin eu nos sublimes paysages néo-zélandais.

Queenstown est d'abord connue comme étant la « ville de l'adrénaline », notamment parce que c'est ici qu'est né le saut à l'élastique – que nous n'avons pas essayé – en 1988, et qu'elle regroupe des dizaines d'autres activités telles que rafting, chute libre, voltige aérienne, parapente, deltaplane, surf sur rivière, canyonning, ski, etc. C'est aussi ici qu'a été inventé le « jet boating » – que nous avons essayé ! Il s'agit en fait d'un bateau surpuissant fonçant à toute allure dans les canyons en frôlant les rochers et en faisant des tours à 360°. Ca arrache quelques cris et ça mouille un peu (mais pour ça, nous on est blasés maintenant !), et c'est bien marrant.

Queenstown, c'est aussi un endroit extraordinaire pour ses paysages. Peter Jackson, le réalisateur du « Seigneur des Anneaux » ne s'y était d'ailleurs pas trompé puisqu'il avait tourné beaucoup de scènes dans le coin. Les lacs sont bleu turquoise ou blanc argenté selon la lumière, les collines et les plateaux désertiques sont ocre-jaune et les arbres ont des couleurs flamboyantes et se détachent sur les montagnes enneigées de la chaîne des Alpes néo-zélandaises, dont le point culminant est le Mont Cook, à 3755m. On a fait pas mal de balades dans ces paysages fabuleux, parfois même sous un beau soleil (enfin). On est passés également dans une grande forêt de sapins, si dense que la lumière parvenait à peine à y filtrer, que le son était comme étouffé lorsqu'on marchait sur le silencieux tapis d'épines et qu'on s'est surpris à chuchoter pour ne pas troubler l'harmonie du lieu...







Les premiers colons dans les années 1860 ne venaient pas dans cette région pour chercher l'adrénaline, mais l'or dans les rivières. A Arrowtown, petite ville près de Queenstown, on a visité un ancien quartier d'immigrés chinois venus tenter leur chance ici dans des conditions très dures. La rue principale de la ville ressemble encore à un décor de Lucky Luke !

Queenstown, c'est enfin un bon endroit pour bien manger et boire des bons vins. On avait déjà goûté de délicieux Sauvignon blanc, Pinot gris et Merlot depuis notre arrivée, et ici on a fait honneur au cépage local, le Pinot noir. Pour accompagner ce vin, rien de tel qu'un énorme T-bone steak de 500g pour Lionel et qu'un classique filet de boeuf de 380g pour Virginie. Et pour terminer, une Pavlova (meringue, crème et kiwi ou autres fruits), dessert qui paraît-il donne le mal du pays aux néo-zélandais expatriés !

Voilà, notre séjour en Nouvelle-Zélande touche à sa fin. Comme pour l'Australie, on a évidemment un goût de trop peu, car on est bien loin d'avoir vu toutes les merveilles que recèlent ces pays du bout du monde. Fin du deuxième acte donc. Pendant l'entracte, on va en profiter pour enchaîner 3 vols et passer la ligne de changement de date : 19h30 dans les airs et 8h30 d'escales pour arriver sur l'Ile de Pâques seulement 9h après notre départ !

Bises,

Lionel et Virginie

mercredi 8 avril 2009

Nouvelle de Zélande

Nous revoilà, après un petit moment sans écrire, juste le temps de dégeler nos doigts pour pouvoir taper sur le clavier... Vous l'aurez compris, on a laissé la chaleur en quittant l'Australie pour trouver en Nouvelle-Zélande un climat d'automne plus que britannique. Aux antipodes de la Grande-Bretagne, on retrouve d'ailleurs – outre le climat et la langue – les blonds et roux à la peau claire, la sauce à la menthe, le thé à 5h, les intérieurs cosy, la conduite à gauche, la passion du rugby et même parfois les paysages... Quel étonnement de se trouver à 20 000 km de l'Europe et de se croire parfois en Grande-Bretagne, parfois en Europe du Nord, parfois en Normandie, et parfois dans les Vosges ou le Jura : des collines et des champs à perte de vue, avec un ciel si bas qu'un canal s'est perdu...

Pourtant, derrière cette première impression, bien des choses diffèrent. A y regarder de plus près, les forêts, qui couvraient autrefois 95% de l'île, ne ressemblent pas du tout aux nôtres : peuplées d'espèces inconnues, d'arbres qui muent, de fougères géantes et envahies de mousses, elles créent une atmosphère de conte de fées. On a vu l'une des plus belles dans la région des Catlins, située à l'extrême sud de l'île du sud, tellement au sud que ce n'est qu'à 3200 km de l'Antarctique... et ça se sent, croyez-nous !! Tellement au sud aussi, que si on part vers l'est, on tombe sur le Chili, et si on part vers l'ouest, la première terre que l'on rencontre ce n'est pas l'Afrique du Sud (bien trop au nord !) mais... l'Argentine ! On y a vu aussi une forêt fossilisée de 180 millions d'années, des côtes découpées et fouettées par les vagues et le vent, si fort qu'il contraint les arbres à pousser presque à l'horizontale.




Une autre particularité de la Nouvelle-Zélande est que tous les mammifères y ont été introduits d'abord par les Maoris il y a 1000 ans, puis par les Européens il y a 150 ans (moutons, vaches, cochons, cerfs, fouines, chamois, lapins...). L'île s'est en effet séparée du super-continent Gondwana il y a 130 millions d'années, avant donc l'apparition des premiers mammifères. Les oiseaux y régnaient alors sans prédateurs. On trouvait seulement quelques mammifères marins qui avaient pu venir à la nage. Sur la péninsule d'Otago, on a observé des phoques, des lions de mer, l'albatros royal (dont l'envergure peut aller jusqu'à 3m) et aussi d'adorables petits pingouins à yeux jaunes, une espèce endémique.


Et la Nouvelle-Zélande, c'est partout, partout, une surpopulation impressionnante de moutons : le pays en compte 40 millions, 10 fois plus que d'habitants !! A quand le droit de vote aux moutons ?


Et maintenant, place à l'action. Avant notre départ en décembre, on avait réservé le Milford Track, décrit comme une des plus belles randonnées au monde et pour cette raison limitée en nombre de randonneurs. On s'équipe donc largement en habits chauds et imperméables, en duvets, en ustensiles de cuisine et en nourriture lyophilisée, fromage et saucisson pour 4 jours (aucun achat possible sur le sentier). Bref, tout ça à porter en plus de nos affaires pour les 6 mois. Bilan : 20 kg sur le dos pour Virginie, 25 kg pour Lionel. Allez hop, c'est parti. Le premier jour se passe bien sous un beau soleil, on découvre la splendeur des fjords du sud-ouest et la limpidité des cours d'eau de cette région reculée. La marche est courte, pourtant on sent que les sacs sont pesants. Premier repas, premier gîte. Le lendemain, 7 heures de marche mais sur du plat. Le temps est couvert et légèrement pluvieux, mais on nous avait dit de prévoir au moins un jour de pluie sur les 4, jusque là on était donc dans la norme.



C'est dans la nuit que ça commence à se gâter. On entend le vent hurler et la pluie tomber en rafales sur le toit du refuge, mot qui prend dans ces moments-là toute sa signification. Lorsqu'on se lève à 6h, en bas dans la salle commune, le ranger (gardien des parcs nationaux, il y en a un à chaque étape) a accroché une pancarte rouge : « nobody leaves the hut » (que personne ne quitte le refuge). Pas besoin de nous le répéter 2 fois. A 7h30, briefing : la météo devrait s'améliorer, on va donc pouvoir partir. Cette 3ème journée est la plus difficile du parcours en terme de dénivelé : 500m de montée et 1000m de descente. Arrivés crevés au point le plus haut, on ne voit strictement rien tant le paysage est bouché de nuages, même pas de récompense donc, hormis un thé bien chaud. Sur le trajet, on admire quand même le spectacle déchaîné des chutes de Sutherland, les 5èmes plus hautes du monde, tombant de 580m, derrière lesquelles Lionel est même passé ! La descente est harassante pour les genoux et les mollets, mais on arrive enfin au dernier refuge, épuisés, les muscles et le dos en compote.

Le lendemain matin, la pluie tombant de plus belle, le gardien réunit tout le monde (on était une quarantaine de randonneurs indépendants faisant le parcours) pour nous prévenir que la situation météo obligeait à ce qu'on parte tous ensemble, en un seul groupe et avec lui. Du gîte, on apercevait à travers la brume et la pluie des torrents d'eau dévalant les pentes des montagnes. Pas très tentant mais pas le choix, quand il faut y aller, il faut y aller !

Le premier pas dans un torrent, celui qui mouille vos chaussures et vos chaussettes douillettes et bien sèches et vous bonifie d'un "floc-floc" à chaque pas est un choc. Mais ça devient tout à fait banal quand vous ne faites plus que marcher avec de l'eau jusqu'au milieu des cuisses, tant le niveau de la rivière est monté... Bref, après 2h à progresser dans ces conditions dignes d'un entraînement de légionnaire, on arrive dans un petit refuge où on s'entasse, le temps que le ranger fasse le point radio. Bilan : la suite du parcours est devenue totalement impraticable, le niveau de la rivière étant monté à près de 4m au-dessus de son niveau normal ! Impossible également de revenir en arrière pour les mêmes raisons... Il n'y a donc plus qu'une seule solution : l'évacuation totale du groupe en hélicoptère !!

Et voilà, on aura jamais fini le parcours, on a vu quasiment aucun des paysages promis, pas même le célèbre Milford Sound, joyau des fjords de Nouvelle-Zélande qu'on devait voir à l'arrivée. Mais on a eu notre baptême d'hélicoptère, et gratuit avec ça ! Vu de là-haut, en imaginant un lavabo qui se remplit vous avez une idée du phénomène qui se déroulait sous nos yeux... Effectivement, il n'y avait plus moyen de passer ! En arrivant enfin à notre lodge, on constate que l'intégralité des affaires de Virginie – papiers, argent, vêtements, livres, etc. – et une partie de celles de Lionel, sont totalement trempées... Pour info, il est tombé entre 4h du matin et le début de l'après-midi 235mm de pluie, sachant qu'au plus pourri à Paris il pleut environ 60mm en 1 mois : plus jamais on se plaindra du climat chez nous... On a même eu droit à un article dans le New Zealand Herald !

Bon, voilà, une des plus belles randos du monde : on ne peut pas vous dire puisqu'on n'a rien vu, mais une des plus aventureuses : ça s'est sûr ! Maintenant, nos affaires sont séchées et on va bien. On est arrivés à Queenstown, la ville de l'adrénaline... Pour notre part, on a eu notre compte et ça sera plutôt la ville du repos !

jeudi 6 novembre 2008

Les grandes lignes de notre trajet en Nouvelle-Zélande...

Ci-dessous un petit aperçu de notre futur trajet en Nouvelle-Zélande. Comme pour l'Australie, le niveau de vie élevé nous amène à ne pas dépasser 2 semaines sur place. Sur cette durée, on a choisi de se concentrer sur l'île du sud, plus sauvage a priori que celle du nord. L'idée générale de notre parcours est de faire une boucle sans se presser et en visant les fjords superbes dans le bas de l'île.

Environ 2 semaines :
Visite de Christchurch (la plus anglaise des villes de Nouvelle-Zélande) -> descente vers Dunedin et la péninsule d'Otago (ses pingouins à oeil jaune, ses albatros, ses otaries) -> ballade dans le parc national des Catlins -> randonnées dans les fjords de Doubtful et de Milford -> Petit saut (à l'élastique ?) dans la ville de Queenstown (capitale de l'adrénaline) -> randonnée dans le parc national du Mont Cook (3754m, point culminant du pays) -> retour sur Christchurch -> avion pour Auckland

A partir d'Auckland, on prend alors l'avion vers le prochain continent de notre voyage, l'Amérique du Sud en commençant tout d'abord par une autre île : l'île de Pâques !